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4 JAN. 2017 Mathieu Aguerre : le récit de sa course Iron man à Hawaï

Rencontre avec...

Mathieu Aguerre, gérant sous mandat chez VEGA Investment Managers a disputé le triathlon très longue distance le plus prestigieux du monde : l'Iron Man d'Hawaï. Le 8 octobre dernier, il a tenu tous ses engagements en parcourant les 3,8 kms de natation, 180 kms de cyclisme et 42 kms en course à pied en 9h29m47s ! Sur le podium, Mathieu prend la 3e place sur 204 athlètes de sa catégorie et 160e au général sur 2 315 athlètes du monde entier ! Il fait partie des quatre Français à avoir été récompensés cette année à Hawaï.

L'iron Man est une course de l’extrême défiant les éléments. C’est une mise à l’épreuve, cruelle mais évidente pour tout triathlète venu chercher sa vérité sur les routes brulantes de ce paradis tropical.

« 4h du mat : le départ de la course est à 6h55. Porridge, banane, tartine, miel, jambon, café, Smecta et Imodium. Un Redbull fait glisser le tout, nous partons dans la nuit. Des rubans de lumières rouges et blanches convergent vers la ville.

Coureurs et badauds freinent notre progression jusqu’au parc à vélo. Il faut après trouver une pompe et installer le matériel et la nourriture sur le vélo et s’échauffer un peu... C’est serré !

J’ai juste le temps de prendre quelques minutes d’échauffement, puis nous sommes directement mis à l’eau pour le départ.

Celui-ci est à 100m du rivage entre deux énormes bouées noires... L’eau est chaude, l'attente est agréable, le jour se lève. Il y a déjà beaucoup de monde, j’arrive à me placer au quatrième rang pour le spectacle. Ça va partir vite il faut éviter au départ de se prendre trop de coup de pieds de ceux qui sont devant et de se faire monter dessus par ceux qui sont derrière. Un coup de canon et c’est parti !

Tout se passe très bien au démarrage. Je nage en 2 temps pendant un bon kilomètre et demi, trouve un bon rythme malgré le peu d’échauffement.

Je profite de l’effet d’aspiration de la nage des autres nageurs autour de moi. Au demi-tour du parcours j’ai le temps de regarder ma montre. 28 minutes à mi-chemin, je suis dans un bon rythme. Le risque en effet à nager en banc de poisson est de s’enfermer dans un faux rythme et ne pas en sortir. Ici, j'arrive à repérer des bons nageurs et je m'accroche à leurs pieds.

Ca s'accélère à la fin, à l’approche des hurlements de la foule. Petit coup d’œil à ma montre, moins de 58 minutes ! Premier objectif rempli, les séances d’entraînement bien rythmées depuis un mois ont payé ! L'ambiance est exceptionnelle, une douche à la sortie, ma peau brûle. Un petit circuit en courant et on entre sous la tente. Un bénévole m’aide à mettre le haut de ma trifonction et m’enlève ma swim suit. Je file dans le parc à vélo, j'avale un gel, j’enfile mon casque, cale mes lunettes et attrape mon vélo que je pousse vers la sortie. Mes chaussures sont déjà sur les pédales. C’est parti pour 180 kilomètres. Le ciel est dégagé, les rayons du soleil dardent déjà.

Le parcours commence par une petite boucle qui passe sans problème. Un léger vent arrière nous porte et la vitesse moyenne monte assez vite.

J’attaque la montée du petit col avec une moyenne de 36km/h, exactement la moyenne que je rêve de faire. Le vent latéral dans la montée est gênant mais ça passe. Je croise un français de ma catégorie, très fort en natation et vélo, il a crevé… Il a beau être vraiment très sympa, je ne peux m’empêcher de penser que cela écarte momentanément un conçurent…

Depuis le début du vélo, la course est un combat contre les autres. Je sais que les plus forts en natation et en vélo sont déjà devant moi et que je ne les rattraperai peut être qu'au marathon. Mon objectif est donc double, essayer de garder une vitesse moyenne de 36km/h car 5h en vélo est un très bon temps et regarder le numéro des dossards des coureurs qui me doublent. Je sais que les dossards allant de 560 à 766 sont les coureurs de mon groupe d’âge. Il faut donc que je ne me laisse pas distancer par ces dossards !

Cela devient ensuite compliqué, nous sommes à 80 kilomètres encore de l’arrivée. Le vent a tourné. Il n’est pas complètement de face, mais presque, alors qu’il aurait dû me pousser...

Les 30 derniers kilomètres seront très difficiles. Le vent de face souffle de plus en plus fort. J’ai l’impression qu’il n’y a que des montées et ma vitesse moyenne approche les 35 km/h. Plus les kilomètres s’accumulent plus il faut aller vite pour remonter sa moyenne. Tenir, il faut tenir… Je serre les dents.

J’aperçois enfin la dernière cote. Ma montre me dit que je vais être autour des 5h10, ce qui n’est pas mal. Je dois me focaliser sur le marathon maintenant, non seulement la partie la plus difficile, mais celle où je suis le plus fort et où je peux rattraper un maximum de places.

A la transition, un volontaire récupère mon vélo, je fonce à la tente, je mets chaussettes, casquette et baskets pendant qu’on me met une serviette bien fraîche sur les épaules. Je n’ai pas trop souffert du soleil sur le vélo, mais c’est dans la tente que je réalise qu’il tape très fort à une heure de l’après-midi.

Je pars plutôt vite, moins de 4'30" au kilomètre. Ce marathon fait 230 mètres de dénivelé positif, ce qui est costaud pour un marathon. Je n’arrête pas de doubler et c’est bon signe. C'est au demi-tour après 9 km de course que je commence à pouvoir identifier les dossards des coureurs à rattraper.

Le premier de ma catégorie est bien devant mais il est très fort je le sais, ce Danois remporte la mise depuis plusieurs années, mais les autres ne semblent pas être très nombreux, une dizaine... Si je tiens mon allure, j’ai peu de chance d’être doublé et je finis dans les 10 premiers de ma catégorie, c’est déjà bien !

Pas loin du vingtième kilomètre, la première bosse difficile me casse les pattes. J’aperçois mes parents. Ils m’encouragent. La bosse est franchie, j’ai marché 10 mètres seulement. Je me suis arrêté jusqu’à présent à chaque ravito. Une éponge sous la casquette, un verre d’eau dans la gorge, un sur la tête, ce sera le rituel jusqu’à la fin.

Je sais que ces 10 kilomètres de pur mental se composent de trois longues descentes et trois longues montées.

La descente se fait avec un petit vent de face très agréable. J’en profite pour accélérer. Coup de mou par contre au demi-tour. Je continue de doubler et remonter des places. Les coureurs sont surpris quand je les double aussi rapidement, cela me donne encore plus de rage de vaincre. Je commence toutefois à sentir mes cuisses bien lourdes. C’est à ce moment qu’un concurrent me dit que je suis bien placé dans ma catégorie. Puis je croise le français qui avait crevé et qui me dit que je suis 3ème.

La dernière côte en vue... Musique de Queen à un stand qui soutient les derniers mètres à grimper, puis c’est la descente, un faux plat, une descente et la dernière ligne droite... Longue souffrance alors de 3 miles à l'allure la plus élevée possible, je donne tout, l’arche d’arrivée s’ouvre devant moi : I am an ironman !

Au final, je suis 18e de ma catégorie en sortant de l’eau, je pose le vélo 11e et finis 3e. Je fais ma meilleure natation et mon meilleur marathon depuis que je fais de la compétition. Merci VEGA Investment Managers de m’avoir permis de réaliser cette belle et intense aventure ! Maintenant je danse avec les dauphins et les volcans…»