18 OCT. 2017 Pourquoi s’intéresser à la finance comportementale ?

D’abord parce que, ce 9 octobre 2017, le prix Nobel d’Économie a été attribué à l’Américain Richard H. Thaler, professeur à l’Université de Chicago, « pour ses contributions à l’économie comportementale ». Ce théoricien de la finance comportementale conduit depuis de nombreuses années des travaux sur les mécanismes psychologiques et sociaux à l’œuvre dans les décisions des consommateurs ou des investisseurs… C’est-à-dire dans nos prises de décisions… Influencées par de nombreux « biais cognitifs (*) » et sachez-le : nous sommes tous concernés !

Et c’est là que nous trouvons la 2e raison de nous y intéresser : parce que chacun d’entre nous est victime de biais comportementaux. Certes, à des degrés divers et variés, oui mais, tous, sans exception.

DES NOBELS À LA PELLE

Richard H. Thaler, co-auteur d’un best-seller mondial, Nudge, la méthode douce pour inspirer la bonne décision (publié en 2008, aux éditions Vuibert), n’est pas le premier du genre, voici les 5 précédents Nobel ayant été récompensés pour des travaux touchant à l’économie comportementale :

  • 1994, John Nash, Reinhard Selten et John Harsanyi pour leurs travaux sur la théorie des jeux, ce prix témoignant de l'importance prise par cette dernière dans l'analyse économique.
  • 2005, les théoriciens des jeux Thomas Schelling et Robert Aumann pour leur théorie de « décision interactive ».
  • 2007, Leonid Hurwicz, Eric Maskin et Roger Myerson pour avoir posé les fondations de la théorie des mécanismes d'incitation.
  • 2012, Alvin Roth et Lloyd Shapley, pionniers de la théorie des jeux, pour leurs travaux sur les marchés et la façon d'ajuster offre et demande.
  • 2014, Jean Tirole, ayant obtenu son doctorat à la MIT sous la direction d’Éric Maskin, pour son « analyse de la puissance de marché et de la régulation ».

RATIONALITÉ ÉCORNÉE

Les années soixante ont vu naître le concept d’efficience des marchés et la théorie moderne de gestion de portefeuille. Une des hypothèses fondamentales de ces travaux est que les investisseurs se comportent de manière rationnelle.

Or, depuis quelques années, cette rationalité parfaite est remise en question. D’ailleurs, les crises financières ont été l’occasion d’observer de facto des comportements que la théorie moderne peine à expliquer seule.

Nous constatons donc que la finance comportementale prend de plus en plus d’ampleur. Les travaux de recherche publiés sur le sujet sont de plus en plus nombreux et la remise de prix prestigieux dont le prix Nobel témoigne du fait que cette discipline a désormais acquis ses lettres de noblesse.

Dans une série d’articles, nous aborderons, pour vous, la finance comportementale, ce thème à la fois fondamental et actuel, sous ses biais les plus fréquents, ceux qui influencent directement nos décisions d’investissement : #Excès d’Optimisme, #Confirmation, #Illusion du contrôle, #Illusion de la connaissance, #Ancrage, #Heuristiques de représentativité, #Framing, #Aversion aux pertes… Bref, un kaléidoscope de biais qui permettront de mieux cerner les contours de la finance comportementale et peut-être d’imaginer des pistes permettant de réduire leurs effets…

Restons-en là pour aujourd’hui ! Et à très vite pour le 1er épisode de notre série.

Article rédigé par Sandrine Vincelot-Guiet, Directeur Conseil et Sélection OPCVM VEGA IM

(*) biais cognitifs : ce qui fait que nous prenons des décisions d’une manière qui peut sembler illogique.

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