5 JUIL. 2016 Interview d'expert : quelles évolutions pour les marchés boursiers chinois ?

Eva Balligand, gérante de VEGA Emerging et spécialiste des marchés asiatiques, donne son point de vue sur l'évolution des marchés boursiers chinois.

Les négociations entre la Chine et le reste du monde pour sa reconnaissance comme place financière internationale sont intenses depuis de nombreuses années. La décision «surprise» du MSCI le 14 juin dernier de ne pas intégrer les actions A dans son indice phare, le MSCI Emerging Markets, a-t-elle changé votre perception de l’avancée de ces négociations ?

Cette décision a surpris de nombreux observateurs avertis. Selon moi, il s’agit d’un report et non d’un abandon. Pourquoi ? Parce que les grands indices ne pourront pas longtemps continuer à ignorer les avancées effectuées par les autorités chinoises afin d’ouvrir l’ensemble de ces marchés. Sauf à perdre toute crédibilité, ils se doivent d’être représentatifs de la réalité des marchés financiers. Or, la Chine est le 2é marché actions du monde en termes de valorisation comme de volume des transactions, et le 3é marché obligataire ! L’intégration progressive de ces marchés est donc inéluctable.

Alors pourquoi le grand fournisseur d’indice américain MSCI a pris cette « drôle » de décision ? D’abord parce que les efforts consentis par les autorités chinoises et notamment le régulateur, bien que réels, restent et concernent uniquement les actions A. Or, le mini krach de début d’année a démontré que sur le marché des changes, les autorités n’étaient pas décidées à faire preuve d’autant d’ouverture. Et pouvoir se couvrir contre le risque du change est un élément essentiel pour les investisseurs internationaux. C’est une des raisons majeures du report. Dans tous les cas, cette décision de MSCI témoigne aussi que le bras de fer entre la Chine et les États-Unis est loin d’être fini !

Cependant, pour répondre à votre question, je reste sur mes positions et surpondérée sur la Chine : l’inclusion des places chinoises dans les grands indices internationaux est inéluctable. Et à cela s’ajoutent d’autres raisons qui étayent mon opinion :

  • Nous ne croyons pas à l’implosion économique de la Chine, qui rappelons-le, représente 16 % du commerce mondial ;
  • Autre élément majeur qui prouve que la Chine est déjà concrètement incontournable : les ADR. Aujourd’hui, elles sont 14 sociétés chinoises à être cotés aux États-Unis et dorénavant intégrées par MSCI ;
  • Dernier point et pas des moindres : la connexion entre Shenzhen et Hong Kong. Là encore, plus de poids pour les secteurs liés à la Nouvelle Economie, des petites et moyennes capitalisations, l’univers d’investissement s’agrandirait notablement pour les investisseurs !

Quelle place faites-vous à la Chine dans vos portefeuilles ?

Je suis clairement surpondérée sur les actions et sur la Chine, qui représentent 34 % du portefeuille de VEGA Emerging. A la fin du mois de mars, j’ai renforcé mon exposition sur les actions A et H (celles cotées à Hong-Kong). Un mois plus tard, j’ai choisi de prendre mes bénéfices sur les actions H qui avaient bien performé. A la mi-mai, j’ai repris position sur les A et les H et début juin, j’ai encore augmenté la pondération des actions A. Néanmoins, il est important de noter qu’une bonne partie de cette surexposition se fait essentiellement via des contrats futures et des trackers (17 %), qui offrent la flexibilité et la liquidité dont j’ai besoin pour être réactive. L’achat d’un fonds Chine de pur « stock picking » (sélection des valeurs unes à unes et en direct) a représenté 9 % de mon exposition.

Depuis l’été dernier, l’actualité chinoise est plus régulièrement présente à la Une des journaux économiques. Vous, en qualité de gérante spécialiste de cette zone, comment vous informez-vous ?

En effet, la presse française et européenne, mais aussi chinoise, est clairement devenue une véritable source d’informations. Même si tout n’est pas à prendre pour argent comptant… La prudence reste de mise et croiser les sources est indispensable pour séparer le bon grain de l’ivraie.

Par ailleurs, et c’est là toute la richesse de mon métier, il est précieux d’échanger avec des experts : gérants spécialistes de la Chine, stratégistes, économistes, analystes…

Retrouvez l’intégralité de cette interview sur le site de VEGA Investment Managers

Aller plus loin